Brahim Benjelloun Touimi : l'Afrique doit piloter la finance durable

Brahim Benjelloun Touimi plaide pour que l'Afrique devienne un acteur central de la finance durable plutôt qu'un simple récepteur de capitaux mondiaux.
Un changement de paradigme nécessaire
Le paysage financier international subit une transformation profonde sous l'impulsion de la transition climatique. Les flux de capitaux mondiaux se réorientent massivement vers des actifs respectueux de l'environnement, modifiant ainsi les dynamiques d'investissement traditionnelles.
Pour Brahim Benjelloun Touimi, le continent africain se trouve à un tournant stratégique. Jusqu'à présent, l'Afrique a principalement agi comme une bénéficiaire passive des fonds internationaux destinés au développement durable et à l'adaptation climatique.
L'objectif est désormais de transformer cette position pour permettre aux institutions financières africaines de prendre une part active dans la structuration et la gestion de ces investissements. Cette évolution nécessite une montée en compétences et une intégration plus profonde dans les circuits décisionnels mondiaux.
Les enjeux de la transition climatique
La transition vers une économie bas carbone redessine les priorités économiques des nations. L'Afrique dispose de ressources naturelles et de potentiels énergétiques considérables qui peuvent servir de moteur à cette nouvelle économie verte.
Cependant, pour capter la valeur ajoutée, le continent doit répondre à plusieurs défis majeurs :
- Le renforcement des cadres réglementaires locaux pour la finance verte.
- La mise en place de mécanismes de transparence et de reporting extra-financier.
- L'amélioration de l'accès aux marchés de capitaux internationaux pour les projets locaux.
- La réduction du coût du capital pour les initiatives de transition sur le continent.
De la réception à l'action stratégique
Passer du statut de bénéficiaire à celui d'acteur signifie que les acteurs financiers africains doivent être capables de concevoir des produits financiers innovants et de gérer des risques liés au climat avec une expertise technique reconnue.
Cette transition implique également une collaboration accrue entre les secteurs publics et privés. L'enjeu est de créer un écosystème où les capitaux ne sont pas seulement injectés dans l'économie africaine, mais sont pilotés par des structures locales capables de garantir leur impact et leur pérennité.
En prenant ce leadership, l'Afrique pourrait non seulement financer sa propre transition, mais aussi proposer des modèles de développement durable adaptés aux spécificités des économies émergentes.

